Table des matières

Les assemblages bois.

Les assemblages par entures.

      C’est la jonction de deux pièces de bois qui sont placées en alignement l’une de l’autre au moyen d’assemblages. Elle peut être droite, biaise, désaboutée, en fourche en trait de Jupiter.

Enture de compressions

      L’enture de compression est peu efficace mais plus esthétique que les pièces de bois rapportées de part et d’autre du joint pour former un assemblage (flasques). Elles sont généralement utilisées dans le domaine de la restauration d’ouvrage.


Enture de continuité ou mi-bois         Les entures de continuité ou mi-bois sont généralement utilisées pour réaliser la continuité des pannes sablières reposant sur des murs.


Trait de Jupiter         Le trait de Jupiter est utilisé, maintenant, presque uniquement pour son aspect décoratif, il reprend les efforts de traction. Mais on retrouve cet assemblage dans la flèche de cathédrale de Notre Dame. Son nom provient de sa forme en éclair le long de chaque pièce de bois.


Coupe à sifflet désaboutée         La coupe à sifflet ou à sifflet désaboutée est généralement utilisée pour les pièces passantes (sablières sur poteaux, les pannes, les faîtages et les chevrons).


Les assemblages par tenon-mortaise

      Pour un assemblage par tenon mortaise, les pièces doivent être comprimées l'une sur l’ autre. Dans le cas contraire, il y aurait déboitement de l’assemblage. La cheville qui traverse l’assemblage permet le serrage et donc le maintien en position de l’assemblage. En aucun cas la cheville travaille en cisaillement. Dans le cas particulier d’un chevillage à la tire, la cheville peut être amenée à travailler un peu au cisaillement.

Le tenon mortaise Le tenon mortaise et cheville

      Le tenon mortaise couramment employé, il est utilisé pour les liens, les contrefiches, les jambes de force, les têtes d’arbalétriers, les solives…


Le tenon mordane

      Le tenon mordane il est surtout utilisé dans les planchers au droit des linçoirs pour renforcer le tenon. La réduction de section étant progressive, elle empêche les concentrations de contraintes. Le tenon passant reprend les efforts de traction au moyen d’une clé en bois dur traversant le tenon. Etymologiquement le mordane doit sûrement être la contraction de mors d'ane. Un ane étant l'ancien nom du canard. Ce nom a ensuite disparu car l'ane est trop proche de l'âne. Un mordane est donc un bec de canard.


Le faux tenon

      Le faux tenon est aussi appelé «pigeon». Il permet de relier deux pièces coupées d’onglet.


Le tenon dit oulice

      Le tenon dit « oulice » couramment employé dans les maisons à pans de bois, les pièces de bois portant un tenon à « oulice » (l’about du tenon est coupé d’équerre par rapport à la face de la pièce et non a l’arasement) se nomment « tournisse ».

Le tenon dit oulice


Les embrèvements.

      L’embrèvement consiste en une entaille pratiqué dans une pièce de bois, et destinée à recevoir l’extrémité d’une autre pièce de bois, taillée selon un profil inverse. Il reprend des efforts important de compression. Il peut être couverts ou découverts.

• En about on utilise généralement pour une pente supérieure à 45° en tête d’arbalétrier.

• En about décalé il est employé généralement quand le talon est insuffisant.

• En gorge il est employé généralement quand le talon est insuffisant.

• En gorge à pleine section on utilise généralement pour une pente inférieure à 45% en tête d’arbalétrier.

• On utilise les embrèvements doubles en gorge et en about lorsque les assemblages sont très sollicités.

      L'embrèvement est là pour renforcer le tenon lorsque l'assemblage est soumis a un effort important. Un embrèvement est souvent vu entre l'arbalétrier et l'entrait lorsque les deux pièces sont de la même largeur, l'embrèvement est apparent .

Embrèvement découvert Embrèvement à couvert Embrèvement en about avant Embrèvement en  about arrière En gorge à pleine section Embrèvement en double en about


Positionnement des chevilles


Proportions des embrèvements


      Il faut vérifier si le talon est suffisamment dimensionné pour accepter au cisaillement longitudinal les efforts transmis par l’arbalétrier. Si ce talon est trop juste, il faut exécuter un embrèvement en gorge comme ci-dessous.

      Les embrèvements sans tenons doivent être maintenus soit par un boulon soit par un tirefond. Pour les efforts importants, on peut réaliser un double embrèvement. Cela demande une plus grande précision dimensionnelle.


Les moisements.

      C’est le principe de deux pièces jumelles qui enserrent une troisième. Les moises sont des pièces de bols jumelées et boulonnées reliant des pièces comprises entre elles et boulonnées. Lors d’un moisement lisse, cet assemblage doit être cloué et boulonnée pour empêcher que les pièces ne glissent les unes sur les autres. Un moisements est une entaille pratiquée en vue de l’assemblage de deux moises, avec une pièce de bois appelée pièce passante.

- Les efforts des moisement simples sont totalement repris par les assembleurs : Pointes, boulons, anneaux ou crampons.

- Le moisement à une entaille doit être pratiquée sur les ou les bonnes pièces, c’est a fore mes plus sollicités dans l’assemblage, de façon à minimiser la reprise des efforts par les assembleurs.

- Le moisement à deux entailles : la pièce passante et les moises sont entaillées et serrées par des boulonnages (dans ce cas les boulons sont moins sollicités aux efforts).

- Le double moisement est utilisé en pied d’arbalétrier afin de reprendre des efforts importants (les boulons ne servent qu’à serrer l’assemblage).

- Les assemblages boulonnés résistent aussi bien a l'effort de traction , qu'à l'effort de compression . Le boulon peut être utilisé seul dans un moisement ou être un complément d'assemblage embrevé ( par exemple  , une jambe de force dans un arbalétrier lorsqu'il n'y a pas de tenon.

      On réalise des entailles sur les moises pour soulager les boulons de fixations travaillent au cisaillement. Il y a toujours besoin des boulons.

      Attention l’entaille diminue la résistance de la pièce, il faudra veiller à vérifier l’assemblage.

Le moisement simple Le moisement à une entaille Le moisement à deux entailles Le double moisement


      Les assemblages de charpente traditionnels reprennent les mêmes principes que ceux utilisés pour la menuiserie, mais en les adaptant à la dimension des pièces.

LE MOISEMENT       Dans cette configuration, l’arbalétrier est bloqué entre deux entraits (moisés) qui l’enserrent comme une mâchoire. Une  cheville ou un boulon vient ensuite verrouiller l’ensemble. 


ENTRE L’ENTRAIT ET LE POINÇON CENTRAL       C’est un classique tenon mortaise, à la différence qu’il y a toujours un jeu d’au moins 2 cm entre les deux pièces. La liaison est souvent renforcée, et réglée, par un étrier métallique boulonné.


ENFOURCHEMENT  DE PANNE FAÎTIÈRE       La panne horizontale fait office de tenon et s’emboîte en tête du poinçon vertical. Cette liaison supporte souvent le rallongement de panne en sifflet. Les deux morceaux de la panne sont solidarisés sur le poinçon par des chevilles de bois. Juste en dessous, le départ d’arbalétrier est traité comme sa liaison avec l’entrait. 


TENON EN BIAIS À REPOS (OU EMBRÈVEMENT)       Avec le système précédent, c’est le tenon, tronqué, qui supporte les charges. En pratiquant une entaille dans la pièce mortaisée, il se créer une butée, un repos, qui permet de mieux répartir les charges. C’est l’assemblage classique des arbalétriers sur les entraits. L’embrèvement peut être double : il dessine alors une ligne brisée.


TENON ET MORTAISE EN BIAIS       C’est un assemblage simple, mais à tenon complexe, utilisé pour relier l’arbalétrier, la pièce disposée dans le sens de la pente et l’entrait horizontal.


LES ENTURES       Le terme d’enture désigne tous les assemblages bout à bout. Ce n’est donc pas une technique particulière mais plutôt un synonyme d’aboutage.

      En menuiserie, il s’agit notamment de réparer un pied de meuble ou de rallonger une pièce.

      En charpente, cela concerne plutôt les pièces d’appui, comme les pannes pour assurer la continuité de la toiture.

      Sauf pour les sablières qui reposent sur les têtes de mur, ces assemblages doivent toujours se situer au droit d’un appui, une ferme notamment. L’enture simple est à sifflet, en coupe biaise. Pour réduire les glissements, on peut aménager des repos, en coupant la pointe des sifflets. C’est fréquent en charpente. L’assemblage en lui-même peut être bloqué par des chevilles de bois, voire des pigeons. Il est également possible de compliquer  l’aboutage à loisir, en double sifflet inversé, à enfourchement croisé ou le célèbre Trait de Jupiter dont la réalisation relève plus de la satisfaction personnelle que d’une réelle efficacité. 


ASSEMBLAGE À QUEUE D’ARONDE       En charpente, une variante permet de relier les solives à plat joint sur les muraillères. Elle est encore utilisée lorsque le plafond reste apparent.


Start

Jacky Michaud 2020/01/04 15:33