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Table des matières
Établissement, marquages et signes des bois de charpente
Les marques, signes et symboles des charpentiers
- Aussi loin que l’on remonte dans le temps, on s'aperçois que les métiers de constructions utilisent des signes et marques spéciales en fonction de leurs corps d'états (taille de pierre, charpente, menuiserie, etc.).
- Ces signes marquages ou symboles visibles sur des pierres ou des pièces de bois restent souvent un mystères pour le candide ou le novice, en effet seul un homme de métier peut généralement les interpréter correctement!
- En effet il y a des signes de localisation des pièces (ex fig 1), associé à du chiffrage (ex fig 2) ou des symboles purement de signatures, dates, confréries, société d'appartenance, etc, (ex fig 3) qui n'ont rien a voir avec l'établissement des bois.
- Les signes et marquages servent essentiellement à placer virtuellement dans l'espace la place de chaque pièces d'une charpente ainsi que de matérialiser et d'identifier les multiples traits de références principales en dessins et épures (ex fig 4-5), pour pouvoir aisément tracer, tailler (ex fig 6), monter, démonter et remonter sur le chantier une multitude de pièces différentes qui font d'un tas de bois une charpente saine et pérenne .
- En charpente, ces signes marques et chiffres, proviennent à priori depuis des temps assez reculés, notamment on pense à la Rome antique via le chiffrage romain avec qui il y a des similitudes avérées .
- Les signes et marquages du charpentiers sont de formes très géométriques car à l'origine ils se tracent en entaillant rapidement, légèrement mais visiblement les bois à l'aide de la “rainette” ou du taillant d'outils comme le ciseau, gouge ou la hachette, ceux ci laissant peu de place à des “écritures déliées” .
- De plus la plupart des anciens ne *savaient pas lire*, donc des signalisations visuelles qui rappelaient les formes vues en plan de travaux de charpentes (forme de l'arêtier, d'un mur de noue, d'une panne, …) et la place d une pièce était facilement interprétables et transmissibles aux “lapins “apprentis.
- Les marquages de charpentes ont évolués au grée du temps, dans une grande quantité de variantes par la diversité architecturales des régions (ex régions à colombage, région pauvre en foret, région couverture lauzes, etc .) ou les ouvrages de charpentes peuvent être radicalement différents en terme de treillis assemblés des bois .
- Le compagnonnage itinérant notamment diffusera un marquage de plus en plus normés fait de signes codifiés pour tous, qui de nos jours servent l'établissement général des charpentes traditionnelles .
- Toutefois, il y a encore beaucoup de débats sur les signes de charpente, d une région à l'autre, d'un atelier à l'autre, ou d'un maître à l'autre chacun prétendant détenir l'absolue vérité !
- Ce que je vais décrire plus bas est ce que l'on m'a transmis, donc il pourrait y avoir des variantes en fonction d autres apprentissages, mais toutefois malgré les différentes interprétations la ligne directrice de base est commune à tous les charpentiers, à savoir pouvoir remonter une charpente facilement sans intervertir les bois sur le chantier dans un énorme casse tête chinois cauchemardesque !!.
- Un vrais charpentier n'utilisera jamais de lettres alphabétiques ni de chiffres arabes inscrit ou entaillés sur ses bois, par contre l'art du trait lui en abuse utilement de nos jours .
- Les marquages sont généralement tracés à la craie grasse dans les charpente en combles perdus, greniers, ou travaux communs, par contre le marquage est retracé proprement par entaillage à la finition après le remontage d'ajustage dans des charpentes traditionnelles apparentes (Généralement fait par les lapins en apprentissage ) .
- Enfin les signes sont parfois retracés cachés dans les assemblages pour des ouvrages apparents contemporains ou design avant la finition .
Les signes de marquages et localisation des pièces de bois
- Ce sont les signes de base, ils repèrent le versant droit du versant gauche d'une charpente ainsi que les différentes pannes (faîtière, intermédiaires, sablières), ils sont associés à des compléments chiffrés en fonctions du nombres d'éléments (fermes multiples, pannes multiples, arêtiers multiples, etc …).
Le franc :
- Le franc désigne toujours le versant gauche d'une charpente quand on est face à une ferme, il est tracé d'une simple ligne droite verticale, puis il est associé à un chiffres (de charpente) à mesure .
- En langage charpentier on dit “un franc, deux francs, etc . En apprentissage on dit au lapins pour qu ils se souviennent du bon coté “petit, met tes francs (argent) à gauche (de coté) c'est utile !
Le ou la contremarque :
- Le contremarque désigne toujours le versant droit d'une charpente quand on est face à une ferme, il est tracé comme un franc auquel on ajoute une petite jambe biaise à droite, puis on chiffre à mesure.
- Dans le langage charpentier on dit un contremarque, deux contremarque, trois contremarque, etc..
- On utilise parfois un double contremarque pour un bois jumelé (un double arbalétrier par exemple) auquel cas elle sera à gauche coté un franc dans le sens de son arbalétrier.
Le crochet :
- Le crochet désigne le plus souvent la panne sablière accrochée au poteau, sur l'arase du mur ou muraillère .
- Le signe est tracé d'un franc avec une demi pointe de flèche à droite au sommet qui représente un bois délardé sur une arête pour le repos des chevrons.
- Le crochet est ensuite associé au contremarque suivant le versant et aux chiffres à mesure .
- En langage charpentier on dit” un crochet, deux crochet, trois crochet, etc.”. Ou si c'est sur l'autre versant on dit “un crochet contremarque, deux crochet contremarque, etc …”
Le double crochet :
- Il est tracé surtout sur le double faîtage à croix de st André, signifiant une panne accrochée ou en cas de doubles sablières (d'un coyau) auquel on associe ici aussi un chiffrage en cas de pièces multiples .
La langue de vipère :
- La langue de vipère représente le faîtage sur la panne faîtière, elle est constituée généralement d'un franc ou un contremarque surmonté d'un V renversé stigmatisant deux délardements et la pointe de la toiture, associée aux chiffres si elles sont multiples.
- On dit en langage charpentier “un langue de vipère, deux langue de vipère, etc …
- Si la panne faîtière se trouve dans un ouvrage à un seul pan donc un seul délardement, on trace quand même la langue de vipère, montrant la pointe de la toiture .
L’arêtier :
- L’arêtier est matérialisé comme un A majuscule avec une croix qui matérialise deux arêtiers vus en plan, auquel on ajoute un crochet pour ses pannes sablières et un tau pour ses pannes intermédiaires, ainsi que du chiffrage à mesure si il y en à plusieurs.
- En langage charpentier en tournant dans les aiguilles d'une montre sur le plan on dit “arêtier, arêtier deux, arêtier trois, arêtier quatre … Les signes seront tracés toujours sur une même face pour pouvoir tous les tailler sur une même épure (quand ils sont réciproques).
La noue :
- La noue est matérialisée par une forme en N majuscule matérialisant en plan le décrochement de mur ou une noue serait taillée, on procède comme pour l'arêtier en remplaçant le A par le N .
La patte d’oie :
- La patte d’oie représente les demi fermes de croupe ou de raccord de structure, elle se trace à l'image d'un plan de deux arêtiers nantis d'une demi ferme dans le prolongement d'un faîtage, on lui ajoute du chiffrage si il y en a plusieurs .
Le monté de panne :
- Le monté de panne représente la situation d une panne intermédiaire dans un plan de pannes, il se trace sur les faces extérieures de celles ci par le signe un franc ou contremarque suivant le versant auquel elles appartiennent et on leurs ajoutent une ou plusieurs barres en tau horizontaux pour simuler une panne sur une ferme .
- On chiffe les pannes par travées (entre fermes et/ou murs) d'une arase à l'autre en passant par le faîtage !
- En langage charpentier on dit ” panne un franc un monté, panne deux franc un monté etc. puis panne deux franc un monté, panne deux franc deux monté etc .”.
- Si les pannes sont posées d'aplomb et délardées ont utilise le même marquage .
La croix d'occupation:
- La croix “dite d'occupation” représente l'emplacement d'un bois par rapport à un trait de tracé, sachant que les bois jadis n'était pas calibrés, donc une seule face servait de référence (ex l'emplacement de la panne et de son échantignole sur l'arbalétrier par une croix courte et une croix allongée de part et d'autre du trait d emplacement .)
La croix entourée ou encadrée :
- C'est un signe qui normalement sert à l’Établissement pour déterminer visuellement le coté bombé d une pièce, mais on peu la retrouver aussi sur le chantier pour des pièces à façonner ou retoucher sur place sans avoir a rechercher son sens . (ex. des bois à changer en rénovation)
Les chiffres et les nombres :
- La numérotation des pièces de charpente ce fait par chiffres largement inspirés du chiffrage romain, avec des variantes permettant de les compacter en un tracé droit avec la rainette ou le taillant d outils .
- Par exemple, le chiffre 5 romain en V est retourné et les unités après le 5 pour 6-7-8-9 marquées à l’intérieur de celui ci .
- Voir le tableau ci dessous !
L'établissement d une charpente
- Il y a un sens logique pour établir tous les bois d'une charpente, en effet le métier comprend des contraintes de manutentions en hauteur ainsi que des matériaux lourds, donc on tire profit d'un établissement logique pour diminuer des efforts inutiles aux hommes de l'art et gain de temps précieux !!
- Imaginons qu'il faille rechercher un bois à l'autre bout d'un bâtit en traversant sur du solivage ou avoir à retourner une panne longue et lourde perché sur une ferme, la fatigue, l'énervement, ainsi qu'une position peu confortable peuvent être fatale dans un métier classé dangereux !!!
- En tout état de causes, la logique d'établissement est donc plus que utile et nécessaire à apprendre et maîtriser !
Déterminer les versants en fonction d un chantier :
- Dès qu'un projet est validé, le charpentier détermine en fonction du plan qu'il reçoit de l'architecte ou de sa prise de cotes sur le chantier son orientation judicieuse par rapport à son futur ouvrage !
- Pour déterminer les versants d'une charpente en préparation, on situe généralement le coté contremarque (droit) à la façade principale de la construction (porte d'entrée, porte de garage, porte de grange , etc …) ou par rapport à l'accès principal du chantier (voie de circulation, place de stationnement, passage d'une grue etc .) et faciliter ainsi l'ordre chargement et de déchargement du tas de bois toujours depuis depuis la gauche vers la droite, en faisant face au bâtiment dans une logique notamment pour les pannes “attente/repos” de leurs coupes en sifflets (fig 1).
- Quand il y a plusieurs pans avec arêtiers ou autres, on détermine aussi un sens de rotation autour du plan de bâtiment à couvrir déterminé comme au précédant paragraphe puis dans le sens des aiguilles d'une montre !
Exemple : Le premier arêtier sera placé toujours à l'angle coté un contremarque, puis les autres en suivant sur chaque angles du bâtit (arêtier deux, arêtier trois,etc..) .
- Sur le schéma (fig 2), On a un établissement complet d'étude de charpente à 4 pans en deux étaux ou ils y a trois fermes classiques, 4 arêtiers, et deux demi fermes, ainsi que leurs pannes respectives .
- On devine bien le cheminement des bois sur le chantier, et le fait que chaque éléments porte un marquage différent le situant singulièrement dans la charpente complète .
Placement des signes sur les bois :
- Le principe est très simple, on place toujours les marquages aux points d'assemblages le plus bas des pièces, ce qui déterminera toujours le bas de celles ci en plus d'être situées toujours sur un nœud d'assemblages, bien en vue pour le monteur !
- En langage de charpentier “marques au pieds”.
- C'est le cas pour toutes pièces se trouvant dans une ferme ainsi que pour ses liens de faîtages sur le poinçon (fig 3-4) .
Le marquage en art du trait et épure
- Savoir reconnaître les marquages de charpente vus plus haut est important, parce que ce sera utile aussi au dessins d'études et d'épures.
- A ces derniers on ajoute des symboles supplémentaires nécessaires à la compréhension des tracés à plat (Dessins et épures) (fig 1-2) !
- En effet l'art du trait de charpente peut comporter des centaines de traits pour un seul ouvrage, donc si il n y a pas une signalétique spécifique, les erreurs seront probables, et la réalisation d'une épure compliquée voir impossible .
- De plus comme expliqué plus haut, n'importe quel charpentier doit pouvoir à tous moments reprendre n'importe quel ouvrage ou épure en cours sans impacter le temps en cas de défection ou absence d'un autre charpentier .
- Sur un dessin d'étude ou une épure à l'échelle 1, on doit immédiatement pourvoir identifier d'un coup d'œil ce qui est déjà tracé et ce qui doit encore être encore tracé, donc ne pas avoir à rechercher en permanence des traits de références.
La ligne de trave :
- Cette ligne est la première que l'on trace dans un dessin d'étude ou une épure, elle représentera toujours la partie extrême basse du lattis, dépasses de chevrons comprises, ou l'arase de mur si les chevrons sont en coupes de niveaux posé sur celle ci.
- La ligne de trave se symbolise par une “clef de sol” que l'on place au moins en deux ou trois endroits (bords et axe) pour l'avoir toujours en visuel !
- C'est depuis cette ligne que toutes autres lignes de niveaux utiles qui seront tracées en parallèle de cette dernière .
- Enfin c'est sur cette ligne que serons tracé les mesures de largeurs du bâtiment et de ses murs ou poteaux, ainsi que le tracé d'angle de la pente du toit .
La ligne d'axe ou de centre :
- Comme le nom l'indique elle est le plus souvent au centre ou a l'axe des épure de fermes, mais elle peut être déportée en cas de charpente à un pan ou bâtarde !
- Dans tous les cas elle sera symbolisée par une croix et deux barrettes verticales pendantes ou des petits triangles à l'image de deux drapeaux entrecroisés.
- Cette ligne se trace perpendiculairement à la ligne de trave, et sera la référence d'aplomb de tout traits ou tracés en parallèle de celle ci .
Nota : Ces deux lignes sont les principales références de tracés suivants, elle doivent être parfaitement perpendiculaires et se tracent à l'équerre en dessin, et par Pythagore (3-4-5) au décamètre pour une épure .
- Il faut les signaler de leurs symboles respectifs immédiatement après les avoir tracées .
- Elle doivent être lignées largement dépassant le cadre de l'épure pour pouvoir les retrouver facilement et pouvoir les retracer après effacement accidentel ou de frottement au sol pendant la taille .
3/La ligne de sol :
- Elle représente le sol ou repose des poteaux ou des blochets, elle est symbolisée par une série de hachures croisées placées en horizontales sous celle ci .
La ligne de parquet :
- C'est le même tracé en parallèle de la précédente, pour identifier un sol fini (ex. chape carrelage ou parquet d'étage) ou sa réservation dans un ouvrage de charpente, quand c'est nécessaire, on symbolise la différence par des ondulations ou des hachures plus spécifiques pour bien la différencier de la ligne de sol .
Le ramèneret :
- Le symbole sert à désigner une ligne de référence particulière. On le symbolise en forme de Z majuscule (Ex : On trace le ramèneret sur des poteaux qui se trouveraient sur une base accidentée, le ramèneret servira alors comme référence pour les aligner en hauteur à la pose et pouvoir prendre des mesures différentes au pieds de ces poteaux pour les couper ) .
- En langage charpentier on dit “on laisse le bois au ramèneret” pour les tracés de coupes à effectuer sur le chantier .
Le double ramèneret :
- Il est utile lorsque deux références seront nécessaires au tracé, On le symbolise comme le précédent mais on lui ajoute un second “Z” plus petit .
Le trait de niveau :
- Dans une épure de charpente, plusieurs niveaux différents sont parfois utilisés, en cela il faut les symboliser (ex. niveau d'un sol + niveau d'un appuis de fenêtre + niveau sur le linteau + niveau de panne ), pour cela on trace sur chaque ligne un signe en forme de “N” majuscule avec un arrondi, puis on nomme ce niveau (ex appuis fen, lint, P etc …) pourvu que cela soit compréhensible .
Le rez-mur :
- Le symbole est le même que pour le sol par des hachures croisées, mais en position verticales!
- Il symbolise l'épaisseur d'un mur ou une prise au mur par scellement d'un bois (ex. sur le bout un entrait)
La croix d’occupation :
- Déjà décrite dans le chapitre précédent pour symboliser la place d'une pièce de bois d'un coté ou de l'autre contre un trait .
- Il existe encore d'autres marquages spécifiques de charpente comme les signes d'Établissements par rapport au bois ainsi que des marquages spécifiques à la taille que nous allons découvrir dans les prochains chapitres .
- Pour l'instant il faut déjà essayer de connaître les signes principaux et la symbolique de chacun ci dessus pour pouvoir correctement les visualiser dans les chapitre suivants !
- Par exemple nous reparlerons du tracé des signes de pannes en fonctions de la déformation naturelle des bois ou de l établissement pour du moisage .
Notions de base de charpente pour L'Air du Bois
— Michaud Jacky 2019/03/17 08:39
