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Table des matières
Le dessin de charpente dit le trait ou l'art du trait : Chapitre 1
L'art du trait de charpente
- Avant de passer à l'étude pratique d'une charpente, il faut maîtriser le dessin spécifique de notre métier !
- En effet dès que l'on passe à des travaux complexes, on doit être capable de les coucher virtuellement sur un support (dessins à l'échelle “à la planche et épures au sol” ) afin de calculer et pouvoir tracer des vraies longueurs, vrais angles de coupes et vraies courbes si besoins) incontournables à l'élaboration d'un projet charpentier.
- C'est ce l'on nomme chez nous l'art du trait“ .
- En 2009 l'UNESCO inscrit « la tradition du tracé dans la charpente française » sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité, après que ce savoir-faire a été inscrit à l'Inventaire du patrimoine culturel immatériel en France.
- L'art du trait de charpente représente le dessin destiné purement à l'action de faire des tracés pratiques permettant de visualiser et d'exécuter des ouvrages précis.
- En effet, dès que l'on sort de la géométrie plane (vue en plan, élévation, et vues de droite-gauche-dessus-dessous), nous passons dans le domaine de géométrie descriptive dans l'espace en trois dimensions !
- Depuis une période estimée remontant au 12 éme siècle, le trait de charpenterie fut élaboré par les maîtres et les compagnons charpentiers, qui empruntèrent la stéréotomie (pouvoir dessiner en vue de sa réalisation, un volume en trois dimension et l'art du trait aux tailleurs de pierres).
- Le compagnonnage par son aspect itinérant diffusera rapidement cet art qui sera repris par tous les corps d'états, et qui apportera jusqu'à nos jours une multitude de chefs d'œuvres qu'on ne présente plus.
- L'art du trait constitue la base de tout métiers réalisant des travaux en volumes (charpentiers, tailleurs de pierres, chaudronniers, menuisiers, etc etc …).
- Il est un ensemble cohérent englobant la géométrie plane, descriptive droite ou courbe, et les calculs arithmétiques et théorèmes pratiques utiles, permettant des tracés de dessins techniques et surtout d'épures de fabrications .
Initiation à l'art du trait de charpente
- Le but ici sera de faire découvrir le principe du trait de charpente, et comment cela fonctionne !
- Dans la réalité un apprenti charpentier devras s'initier au dessin et art du trait par obligation si il veut apprendre et progresser dans son art, celui ci faisant partie intégrante de n'importe quel métier constructif de bâtis.
- La généralité de l'art du trait de charpente comporte quatre catégories principales logiques d'apprentissage miscibles entre elles : La géométrie plane, l'étude de la pyramide, l'étude du cylindre, l'étude du cône, sphère, raccords et pénétrations des volumes (“Le croche”).
- Sur ces cinq principes viendront s'appliquer toutes les variantes possibles et imaginables régulières ou irrégulières en fonction des travaux singuliers de chaque charpente complexe.
1/ La géométrie plane
- Beaucoup de monde a de mauvais souvenir de cela à l'école, en ce demandant chaque fois à quoi cela peu bien nous servir plus tard!
- Un charpentier, menuisier, couvreur, maçon, chaudronnier, etc , vivent et dorment avec !
- En charpente la géométrie plane comporte la connaissance appliquée des parallélogrammes, du cercle, du triangle, des polygones, et de toutes les formules mathématiques, théorèmes et élévation volumiques droites utiles qui leurs sont appliqués pour la réalisation de dessins techniques et de tracés. (fig 1).
2/ L'étude de la pyramide
- C'est la base de la charpente, une toiture autre que deux pans est souvent composée d'un volume pyramidale depuis un plan polygonal , c'est ce que l'on nomme de l'arêtier et/ou de la noue .(fig 2)
- Un apprenti charpentier doit maîtriser au CAP le “pavillon carré” ou “Le trait carré”, autrement dit une charpente en 4 pans de base et de tous ses dérivés irréguliers en bois droits tracés avec assemblages et montages, ainsi que l'escalier en rait droit en plan .(voir https://www.lairdubois.fr/pas-....)
- Quand le trait droit est maîtrisé, on passe au bois droits en plan mais cintrés en élévation (ou dômes de pyramides), ce qui ne change pas le principe sauf qu'il faut plus de points pour développer les courbes de noues et d'arêtiers cintrés .
3/ L'étude du cylindre
- Le principe est surtout étudié par les charpentiers dans la fabrication des escaliers en courbes, ce que l'on nomme le “débillardé”, ainsi que pour toutes portions cylindriques présentes en toiture (toiture demi cylindre, en arc, pénétrations de lucarnes, tourelle circulaire à toiture plane, etc ..).(fig 3).
- Les tracés de débillardements et de développements de cylindre, sont le passage obligé pour acquérir les automatismes de dessins par construction dans l'espace pour passer au tracé “croche” (Pénétrations, raccords).
- Pour ceux qui voudraient s'exercer !
- https://www.lairdubois.fr/pas-... - https://www.lairdubois.fr/pas-...
4/ L'étude du cône, volumes sphériques, raccords et pénétrations de volumes
- Le cône et volumes sphériques, raccords et pénétrations des volumes et leurs dérivés constituent la maîtrise ultime de l”art du trait de charpente“, c'est ce que l'on nomme le “croche” autrement dit la capacité de tracer dans l'espace de façon géométrale par points la stéréotomie de pièces cintrées en plan et en élévation, afin de pouvoir les coter,les tracer, les tailler, les développer (lamellé collé) et enfin les monter.
- On imagine aisément les pannes d'une charpente conique sur une tour ronde, des dômes à plans elliptiques et clocher sophistiqués de monuments .(fig 4-5-6).
- Bel exemple ici : https://www.lairdubois.fr/crea...
- Ci dessous quelques exemples des différents principes appliqués en charpenterie traditionnelle !
Explication pratique de l'art du trait (1/ La pyramide à base carrée)
- Dans nos métiers du bois quand on est face à des volumes pyramidaux dans les travaux, on nomme généralement “faire de l’arêtier” autrement dit on travaille sur des arêtes.
- En charpente c'est évident par la forme des toitures, en menuiserie ou en ébénisterie dans des ouvrages plus singulier (ex : pétrin de boulanger, coffre, mobilier, etc .).
- https://www.lairdubois.fr/pas-... - https://www.lairdubois.fr/crea... - https://www.lairdubois.fr/crea...
- Le but de l’arêtier, est d'apprendre à développer les mesures en vraies grandeurs des différentes faces d'une toiture ainsi que ses angles inconnus en géométrie plane sur épures, pour tracer et exécuter les bois nécessaires inscrits à la construction d'une charpente.
- Le principe est assez simple, il est de rabattre à l'équerre des points d'une vue sur des points d’alignement d'une autre vue pour obtenir des intersections qui une fois reliées permettent de tracer troisième non traçable en géométrie plane car avec des mesures et angles non connus.
- C'est ce que l'on nomme :
- 1/ Tracé par “rembarrement”, les différentes coupes sont trouvées sur la vue en plan en y traçant les épaisseurs des bois puis les points rembarrés (exportés) en élévation.
- 2/ Tracé par “la herse”, méthode qui consiste à développer les pièces de bois en plan dans un ensemble en vraie grandeur, afin de d'avoir les angles coupes et longueurs très précises.
- 3/ Tracé à la “sauterelle”, les coupes déterminées en croisant les différents plans que forment les faces des bois sur l’épure et en reportant les angles à la fausse équerre sur les pièces de bois .
- Ce premier apprentissage du trait de charpente basique de la pyramide est primordial pour la compréhension des volumes dans l'espace, et servira plus tard à évoluer vers la courbe dans l'espace (“croche”).
1/ La pyramide en charpente :
- Dès l’apprentissage on nomme généralement les éléments géométriques directement avec le vocabulaire professionnel pour aider à la vision dans l'espace des explications aux “lapins” .(fig 1).
- La base de pyramide deviens vue en plan et son périmètre lattis de sablière et/ou encore ligne de trave dans le dessin (Le lattis correspondant toujours à la partie supérieure des chevrons avant les lattes ou voliges depuis le point de faîtage des chevrons au repos de sablière).
- La hauteur reste la hauteur !
- L'apex ou sommet deviens sommet et/ou point de tète.
- Les faces deviennent des versants.
- Liste à puceLes arêtes deviennent des arêtiers.
- L’apothème deviens le chevron d'emprunt .
- Le triangle des apothèmes (chevrons d'emprunts) et de la hauteur deviens élévation principale en vue de face de la pyramide.
- Le triangle des arêtes (arêtiers) et de la hauteur deviens élévation de la face d’arêtier.
- Une seule règle à respecter lorsqu'on veut faire la herse d’un versant de charpente, on n’utilise que le lattis de sablière et le chevron d’emprunt. Il faut éviter utiliser d’autres éléments !
- Les arêtiers, noues, sablières de pente ou faîtages de pente qui ne doivent servir qu’à la vérification de la herse (on doit toujours retrouver les mesures identiques) !
2/ La vue en plan et l'élévation des triangles de la pyramide
- Ici c'est la géométrie plane qui nous l'apporte !
- Par des fuyantes perpendiculaires depuis les points de chevrons d’emprunts et d'arêtiers situés sur la vue en plan et en traçant la hauteur perpendiculairement à l'axe des lattis de sablières, on obtient toutes les vues en élévation des triangles de la pyramide.
- Les constructions de triangles depuis les points d’arêtiers au lattis de la vue en plan et de la hauteur nous donnent déjà la vraie longueur des arêtes de la pyramide ainsi que les vrais angles (coupe de niveau au pied et coupe d'aplomb au sommet), c'est le “rembarrement” (fig 2).
3/ Tracé de la herse
- Le tracé de herse est incontournable en charpente, il permettra de mettre “en plan” et “en vraie grandeur” le versant complet d'un éléments de toiture pyramidal, donnant les vraies longueurs, les tracés précis, les angles de coupes de tout bois de charpente le constituant .
- n'explique aux lapins (apprentis charpentiers) que c'est comme si on appuie au sommet de la pyramide pour l'écraser que va t'il se passer ?
- La règle est de se servir uniquement des mesures prises au compas du lattis de sablière et du chevron d'emprunt !
- Tous les autres éléments trouvés dans la géométrie plane ne servirons qu'à vérifier les concordances de mesures .
- A/ Nous traçons un segment de droite à la mesure du lattis de sablière .
- B/ Au compas, nous élevons une perpendiculaire au centre du segment égale à la longueur du chevron d'emprunt .
- C/ Nous traçons les arêtes par des droites depuis les points extrêmes du segment lattis de sablière jusqu'au sommet du chevron d'emprunt, ce qui nous donne le triangle de face de la pyramide en vraie grandeur et angles.
- D/ Au compas nous traçons un arc de cercle depuis le sommet et passant par les points de segment du lattis, puis avec un écartement de compas nous traçons sur cet arc des segments de cercles égaux à la longueur du lattis de sablière ,puis nous relions ces points par des droites en cordes .
- E/ Nous traçons depuis le centre toutes les autres arêtes et perpendiculairement à toutes les cordes depuis le point de centre, puis nous traçons tous les chevrons d'emprunts en vraie grandeur .
- en résumé, grâce au tracé de la herse, nous obtenons la face de pyramide (ou versant toiture au lattis) en vraie grandeur avec ses mesures et angles de coupes!
- Si nous effectuons cette construction sur une feuille de papier, en la découpant puis en pliant les traits d'arêtes, nous obtenons le volume de pyramide physique (fig 3).
4/ Recherche de l'angle dièdre sur la pyramide ou angle de corroyage
- En charpente, dans un volume pyramidal, un élément des plus important est l'angle dièdre de deux faces de pyramide depuis l’arête !
- En effet celui ci correspond à l'angle de corroyage du délardement vu par bout, saillant faisant lattis avec les versants .
- Le principe du tracé de cet angles est très simple sur des pyramide à plan carré, car sur des bois droits ils seront constants et symétriques d'un versant à l'autre !
- Les délardements sur des arêtiers cintrés subiront des déformations suivant la courbe développée du cintrage d”origine .(nous approfondirons les tracés dans un prochain chapitre sur les délardements plus complexes ), c'est ce qu'il faut maîtriser à la base avant de passer à des exercices plus compliqués !
- A/ Depuis la vue en plan et l'élévation principale, nous développons le triangle d’arête en vraie grandeur de la pyramide .
- B/ Sur le développement, nous traçons la hauteur du triangle .
- C/ au compas nous rabattons cette hauteur sur la ligne de trave, puis nous projetons le point par une génératrice sur l’arête vue en plan .
- D/ en traçant deux droites depuis le point sur l’arête vu en plan jusqu'aux angles de la pyramide, nous obtenons l'angle de corroyage et la vue par bout de l'angle dièdre .(fig 4).
5/ Les tracés pyramidaux atypiques
- A partir du moment ou l'on passe à des volumes pyramidaux à plans quelconques ou polygonaux, le principe reste le même, sauf qu il faut développer plusieurs vues dans certains cas pour avoir tous les chevrons d'emprunts différents, de plus les délardements seront différents d“une face à l'autre .
- Dès que l’apprenti charpentier maîtrise parfaitement la pyramide à plan carré, il peut aller vers des plans polygonaux plus complexes !
- ci dessous quelques exemples (fig 5).
- Exemple de premier exercice pratique du trait appliqué en charpente.
- https://www.lairdubois.fr/crea...
Application pratique d'exercice d'apprentissage en charpente (Rembarrement et herse)
- Ici nous passons à la pratique professionnelle, c'est à dire que la pyramide de base sera constituée de pièces de bois calibrées ajoutées.
1/ Tracé de la vue en plan et de l'élévation
- A/ Nous traçons en premier lieu la vue en plan de l'ensemble par un carré déterminant le lattis de sablière, et nous y traçons deux diagonales bissectrices en croix passant par le centre jusqu'aux angles du carré, ainsi que deux perpendiculaires en croix passant par le centre .
- (Les deux diagonales et perpendiculaires représentent déjà les arêtes de pyramides et les perpendiculaires les axes des chevrons d'emprunt vus en plan).
- B/ Sur cette construction, nous ajoutons les épaisseurs des bois, puis nous traçons enfin les empannons depuis axes de chaque espace entre les arêtiers et chevrons d'emprunt .
- C/ En prolongement et perpendiculairement nous traçons le lattis triangulaire de l'élévation égal au lattis de sablière et de la hauteur désirée .
- D/ A l'aide de fuyantes, nous traçons des génératrices depuis chaque point de la vue en plan vers l'élévation et nous y matérialisons les bois déjà vus (rembarrement) .
- Ce premier tracé nous donne sur l'élévation la mesure vraie du lattis de chevron d'emprunt ainsi que ces angles de coupes aplomb et de niveau, ainsi que la retombée du délardement arêtier .
2/ Tracé de la construction d'élévation du triangle d’arêtier
- Ici commence la géométrie descriptive, car en effet le dessin seul ci dessus ne permet pas de construire la structure, et quelqu'un qui désirai fabriquer un ouvrage de logique pyramidal sans avoir appris à développer par le trait, il se retrouverai très vite en difficulté .
- Même si les technologies numériques permettent actuellement d'arriver à calculer et dessiner tout ceci de façons globales, elles ne remplaceront jamais complètement la pratique traditionnelle acquise par maîtrise indispensable à tout “homme de l'art” surtout quand une épure mesure plusieurs mètres au sol.
- A/ Depuis l'élévation, nous traçons la ligne de trave par une fuyante.
- B/ Depuis la vue en plan, nous traçons perpendiculairement deux fuyantes génératrices depuis les angles d'une des diagonales et l'axe du chevron d'emprunt, l'une recoupant la ligne de trave de l'élévation.
- Puis à cette intersection nous traçons la ligne de trave parallèle à la diagonale vue en plan.
- Le point d'intersection obtenu sera le point de rabattement des autres points utiles .
- C/ Au point de rabattement nous élevons une perpendiculaire sur laquelle nous projetons la hauteur de la structure pyramidale d'élévation, puis au compas nous rabattons cette hauteur sur la génératrice d'angle.
- D/ Nous exportons ce point par une fuyante entrecoupant la fuyante d'axe du chevron d'emprunt, et depuis l'intersection ainsi trouvée et le segment de la ligne de trave, nous traçons les arêtes ici en vraies grandeurs des arêtiers. (fig 2)
- E/ Du même procédé, nous exportons tous les points utiles à la construction depuis la vue en plan et l'élévation (Rembarrement) (fig 2 bis).
3/ Tracés des retombées et de la vue géométrale
- Maintenant que nous possédons toute la construction pratique du triangle élevé d’arêtiers, nous allons pouvoir par tracés successifs déterminer géométralement notre ouvrage complet, afin d'avoir tous les points nécessaires à la future “herse” finale de traçage des bois.
- A/ La première étape consiste à tracer sur l'élévation principale en vue de face l'empreinte de la coupe d'un chevron droit sur l’arêtier pour déterminer sa retombée (bois nécessaire en largeur pour l'instant inconnue).
- En projetant les points de coupes d'un empannon depuis la vue en plan sur l'élévation, et en y traçant sa largeur connue (ex chevrons de 6/8 cm) on détermine 4 points qui en les reliant nous donnent l'empreinte de coupe sur l’arêtier.
- B/ Sur l'élévation d’arêtiers, nous traçons le délardement et les points de coupes de l'empannon par génératrices depuis la vue en plan.
- C/ Nous exportons par le point de rabattement les points d'empreinte de coupe de l'empannon sur l'élévation du triangle d’arêtier, et aux intersections nous la matérialisons .
- Puis en traçant une parallèle à l’arête sous cette empreinte, on obtient la retombée d’arêtier utile.
- En résumé à ce moment, nous avons les cotes, coupe aplomb, coupe de niveau et le profil complet de l’arêtier en vraie grandeur ainsi que la mesure de retombée utile des coupes plus la retombée du délardement depuis l’arête pour le tracé pratique sur le bois .(fig 1).
- D/ A l'aide de cette construction, nous pouvons tracer sur la vue en plan les empreintes de coupes de niveau de l’arêtier et des chevrons droits.
- En projetant le second arêtier depuis la vue en plan sur l'élévation d’arêtier, nous obtenons les tracés de coupes au sommet (fig 2).
- E/ En exportant tout les autres points depuis la vue en plan et élévation principale, nous pouvons tracer la vue géométrale complète de l'ouvrage sur l'élévation d’arêtier ! (fig 3).
4/ tracé de la herse
- Avec les constructions ci dessus nous pouvons construire l'exercice sans problème en “piquant” les points d'angles depuis l’épure (à la sauterelle), mais pour des travaux plus complexes il faut connaître le principe de la herse pour avoir en un seul tracé toutes les mesures et coupes des bois présente sur un versant.
- Sur l'exercice ci dessous, nous ne faisons qu'appliquer ce qui est déjà théorisé plus haut sur le pyramide.
- Nota : Ici j'ai tracé la herse complète depuis les points de l'élévation de triangle d’arêtiers, mais on peut très bien la tracer depuis la vue en plan ou l'élévation, le tout est d'avoir des changements de plans pratiques et courts pour exporter les génératrices de façon claire et précise !
- Quand une charpente comporte 4 versants identiques, évidemment nous ne traçons dans la réalité qu'une herse !
- fig 1/ Depuis la vue en plan ou sur l'élévation, c'est ce qu il y à de plus rapide et précis, car on bénéficie directement du tracé d'origine de tous les éléments au lattis de sablière pour développer la herse ! De plus il faut penser qu'une épure à l'échelle 1 prend beaucoup de place au sol, donc les rabattements de herse se produisent généralement sur l'épure ou contre celle ci.
- Dans les deux cas, il suffit de redresser au compas perpendiculairement à la ligne de trave, la longueur du chevron d'emprunt et d'exporter ensuite cette hauteur de la construction en axe avec le lattis de sablière puis de tracer les arêtes.
- Enfin sur ce triangle, on importe par alignement tous les éléments utiles depuis la vue en plan (Délardements, chevrons, pannes, poinçon, etc ).
- Les intersections de la construction donnent les vraies longueurs et vrais angles de coupes, des chevrons et/ou de pannes (en liernes assemblées contre les arêtiers ou dessus selon les besoins).
- Fig 2-3/ Ici j'ai développé la herse complète depuis l'élévation du triangle d’arêtiers, au compas j'ai tracé un arc de cercle depuis le sommet à la vraie longueur d’arête, puis au compas j'ai tracé des segments de cercle égaux au lattis de sablière.
- J'ai ensuite par rabattements exportés les points utiles depuis le lattis de sablière vu en plan sur le développement et tracé au compas les arrivées arrivées de coupes sur la construction.
- Enfin perpendiculairement au lattis depuis les points d'intersections j'ai tracé les bois sur la herse complète .
- Fig 4/ Pour résumer, sur l'épure, j'ai placé une vue de l'exercice en 3D pour visualiser le principe qui reflète bien la logique pyramidale de l'ensemble .
5/ Le tracé de délardement et angle de corroyage
- Le tracé d’exécution incontournable sur une épure de charpente en arêtier, est le tracé de délardements et angles de corroyage !
- Deux solutions principales existent en art du trait :
- A/ Comme vu précédemment dans la pyramide en rabattant la hauteur du triangle (fig 1)
- B/ Après avoir tracés les retombées, perpendiculairement à l’arêtier développé, il suffit de tracer son épaisseur et son axe perpendiculairement à la construction, et de rejoindre les points, on obtient la “vue par bout” et l'angle de corroyage a relever à la sauterelle (fausse équerre) . (fig 2).
- Dès que l'on comprend le principe, on peut ajouter des bois (poinçon, ferme, sablières, pannes, etc) ce qui ajoute évidemment de multiples traits supplémentaires (art du trait) !
- Ici quelques exercices pratiques : https://www.lairdubois.fr/pas-...
Application du trait carré en charpente réelle (épure pratique)
- Sortis des exercices d'études et d'apprentissage, on doit appliquer concrètement les enseignements pour construire des charpentes !
- Ci dessous j'ai donc crée un exemple concret de charpente avec ce qu'un professionnel tracerai pour son étude et épure en vue de sa fabrication en situation réelle .
- A savoir une charpente d'un pavillon carré, c'est à dire que les arêtier en plan sont placés à 45° et que les versants de toitures sont de pentes identiques.
- Nota : Quand les croupes sont redressées par rapport aux long pans, on nomme charpente en “deux étaux”.
- fig 1/ Tracé du lattis :
- Sur L'étude, un charpentier tracera en premier lieu les contours complet de sa charpente finie au lattis, c'est à dire tous son ouvrage global vu depuis le dessus des chevrons !
- Ces vues sont déterminées par le plan de maçonnerie accueillant l'ouvrage (vue en plan) ainsi que par une ou plusieurs élévations suivant les besoins en fonction des angles de pentes désirées de toitures (vue de face et vues de cotés).
- On trace aussi à cette étape l'épaisseur de l'arase du mur recevant la charpente .
- Ce plan dégrossi peut être demandé parfois par le couvreur en cas de coupes spécifiques de tuilages, ardoises, voligeages, etc pour que lui aussi puisse réaliser ses épures car en effet lui travaillera à partir du lattis fiable et défini !
- A l'atelier, le charpentier ne tracera que la moité utile en épure depuis l'axe de l'ensemble, les vues étant symétriques dans notre cas.
- Sur des plans irréguliers il faut plus de vues.
- fig 2/ Tracé des fermes droites :
- Dans notre exemple, on aura des fermes droites, on en trace qu'une (l'autre étant identique).
- A/ Sur l'ébauche d'élévation, on commence par tracer les largeurs de chevrons (qui seront les chevrons d'emprunt) sous le lattis.
- B/ Sous les largeurs de chevrons, nous traçons les largeurs de pannes (ici en devers), ce qui nous donne le dessus des arbalétriers.
- C/ Nous traçons les largeurs des arbalétriers et l'entrait.
- D/ Nous traçons depuis l'axe de la ferme le poinçon, et nous y traçons la panne faîtière vue par bout avec ses délardements.
- E/ Nous traçons la panne sablière vue par bout et son délardement, puis nous divisons la mesure entre le délardement de faîtière et de sablière pour déterminer les axes de pannes intermédiaires, et enfin nous traçons les vues par bout de celles ci avec leurs échantignoles.
- F/ Nous traçons le faux entrait et les aisseliers (Parfois le débord du faux entrait (moisé) peut servir de repos aux pannes intermédiaires).
- fig 3/ Tracé des chevrons et des arêtiers sur la vue en plan :
- Un charpentier ne tracera sur la vue en plan que les chevrons et empannons nécessaires à la taille de la charpente, dans des cas plus simples les tracé de divisions se pratiquent directement sur le chantier après la pose de la sablière.
- A/ Nous traçons en premier lieu le poinçon vu par bout, puis les épaisseurs d’arêtiers de part et d'autre des arêtes (dans des charpente en deux étaux, il sera décalé depuis l’arête à cause des délardements différent nous y reviendrons plus tard).
- Nous traçons aussi l’épaisseur de la panne faîtière et l’épaisseur des arbalétriers.
- B/ Nous divisons et traçons le chevronnage sur le long pan et sur la croupe! (attention les empannons ne se rejoignent pas nécessairement sur l’arête vue en plan suivant la division, par contre généralement on essaye de tricher pour que ce soit le cas pour une seule herse (seulement possible en pavillon carré) en redivisant les chevrons entre les fermes droites.
- fig 4/ Tracé des pannes :
- Ici rien de très compliqué, il suffit d'aligner les pannes vues par bout de l'élévation de la ferme sur la vue en plan !
- Le principe donnera déjà les longueur de pannes, et cette dernière construction permet de passer aux développement d’arêtiers.
- fig 5-6/ Mise en place du développement en élévation de la ferme d’arêtier :
- Ici commence le trait proprement dit, nous allons exporter des points de coordonnées à l'aide de fuyantes génératrices depuis la géométrie plane (vue en plan et élévation par rabattement de vues), vers des points non connus “dans l'espace”.
- En L’état les derniers tracés ne donnent pas tous les points nécessaires, en effet il faut élever l’arêtier en vue de face, afin de déterminer le chevron d'emprunt et les empreintes de pannes à exporter sur le développement futur.
- A/ Nous traçons déjà le lattis de l'élévation de l’arêtier en vue de face verticalement depuis la vue en plan ce qui nous donne la mesure du chevron d'emprunt et la ligne de trave, ainsi que l'angle de coupe d'aplomb des chevrons empannons.
- B/ Perpendiculairement à l’arêtier vue en plan, nous exportons deux fuyantes des extrémités de celui ci vers la ligne de trave.
- C/ Au point d'intersection se trouve le point de rabattement, et au compas nous rabattons la hauteur depuis l'élévation vers la génératrice d’arêtier.
- Ce nouveau point d'intersection relié par diagonale avec le précédant donne l'arête du lattis de l’arêtier en vraie grandeur, ainsi que les vrais angles de niveau et d'aplomb !
- D/ Sur l’élévation en vue de face, nous traçons l’épaisseur du chevron d'emprunt, nous y importons dessous par points les coupes de pannes sur l”arêtier depuis la vue en plan, ce qui nous donnera le devers des pannes vues par bout.
- Nous les matérialisons pour bien identifier les points à exporter.
- A cette étape nous possédons toutes les informations pour pouvoir tracer l'épure de ferme d’arêtier.
- fig 1-2-3/ Tracé de délardement, des empreintes de pannes et de la retombée d'arêtier :
- Ici on trace l'épure de la demi ferme d’arêtier, le principe est toujours pareil par rapport à une ferme droite !
- A savoir que l'on commence depuis le lattis (qui correspond dans ce cas à l’arête).
- A/ Sur la vue en plan, nous traçons les moises entaillées d'entrait et de faux entrait, droits et d’arêtier de l'arase de mur jusqu'au poinçon.
- B/ Depuis la vue en plan, nous exportons par génératrices les points de délardement sur la ligne de trave du développement, puis par une parallèle à l’arête nous le traçons et matérialisons.
- C/ Depuis la vue en plan et l'élévation de face, nous exportons par génératrices les empreintes de pannes en liernes (assemblée contre l’arbalétrier d'arêtier) sur l’arêtier, puis nous traçons et matérialisons les empreintes.
- A cette étape, nous avons tous les élément pour positionner les bois et tracer l'épure de la demi ferme d’arêtier.
- Nota : sur la figure 2, j'ai entre-temps tracé l'épure de l'assemblage du double faîtage avec sa croix de st André ( traditionnel) entre les deux poinçons de la charpente finale.
- fig 1-2-3/ Tracé finale de la demi ferme d’arêtier et de la herse :
- A/ Le dessus des empreintes de pannes dernièrement tracées, nous donnent la retombée du chevron d’arêtier sous le trait de délardement, ainsi que la retombée de l’arbalétrier d’arêtier.
- Parallèlement à l'arête, en fonction des empreintes nous les traçons et matérialisons.
- B/ Nous traçons de façon classique les autres éléments de la demi ferme ( poinçon, entrait, faux-entrait, aisselier), mais en fonction de leurs points d'assemblement au poinçon tracés sur la vue en plan.
- C/ Sur l'axe du faîtage vu en plan, nous rabattons au compas la longueur du chevron d'emprunt depuis la face de l'élévation.
- D/ Depuis l'angle d’arête et le point au faîtage précédemment déterminé sur la vue en plan, nous traçons la vraie longueur de la herse, et pour vérifier le tracé, nous comparons avec la longueur d’arête du développement (elles doivent être identiques, sinon il y a erreur).
- E/ En traçant le délardement, puis les empannons en faisant filer les traits, nous obtenons la herse complète et utile !
- Donc toutes les longueurs de chevron empannons et l'angle de leurs coupes en épaisseur vraies.
- En résumé, nous devinons bien ici que la charpente est un métier qui ne s'improvise pas, et qu'il faut commencer par le tracé de pyramide pour comprendre les principes et application dans l'art du trait, qui est souvent un mystère pour le lambda !
- J'insiste sur le fait d’être curieux et d'essayer de s'amuser à tracer (et si possible de les construire) différentes combinaisons d'exercices et de les maîtriser avant de passer au cintres et courbes.
Pyramide cintrée en élévation (dôme de pyramide)
- Le cintre en élévation, est très intéressant à pratiquer, car assez facile à mettre en pratique après avoir maîtrisé le trait droit !
- En effet il aidera à la compréhension des méthodes de tracés de courbes plus complexes à venir dans cylindre, le cône, et autre tracé contenant du “croche” (cintré en plan et élévation) .
- Le dôme de pyramide à plan carré représente l'exercice parfait pour s'engager totalement dans l'art du trait !
- Ci dessous la présentation est faite à partir de la pyramide basique au début de se chapitre sur laquelle j'ai ajouter un profil à l'impériale, mais nous pouvons aussi nous entraîner avec tous les profils cintrés concaves ou convexes désirés !
- Tracé théorique du dôme de pyramide ou pyramide cintrée :
- A/ Le premier tracé est la vue en plan carré de la pyramide avec ses deux diagonales.
- B/ Nous dessinons ensuite l’élévation de pyramide droite en fonction de la hauteur désirée .
- C/ Nous traçons par construction le profil de cintre désiré sur cette élévation .
- D/ Nous divisons la hauteur en parties égales. (fig 1).
- (il faut “doser” les divisions car pas assez, la courbe développée risque d’être imprécise, et trop de divisions représentent beaucoup trop de traits donc risques d“erreurs et de confusions ).
- E/ Exactement comme pour une pyramide droite, nous exportons par des génératrices tous les points nécessaires sur le développement en élévation de l'arêtier.
- Toutes les divisons sont à exporter sur la vue en plan, pour être rabattue ensuite sur le développement.
- F/ Aux intersections des génératrices sur le développement qui donnent les points de la courbe, nous traçons avec une “cerce” l’arête d’arêtier cintré.
