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Les murs.

Le moellon.

- Les murs en moellons se rencontrent partout. Moins chers que la pierre de taille, ils furent toujours le matériau principal des murs des dépendances, et dans ce cas, ils était parfois destinés à rester apparents. La taille était alors plus soignée avec des lits bien appareillés. Pour les habitations, ils étaient enduits, notamment en façade principale.

- A partir du début du siècle environ, les éléments en pierre de taille de la façade, bandeaux, corniches, chaînages d'angle et encadrements avaient leur surface extérieure en léger débord par rapport à la surface du mur en moellons pour tenir compte de l'épaisseur de l'enduit. Dans ce cas les moellons faits pour être recouverts sont des pierres médiocre qualité qu'il faut toujours enduire.

Les enduits.

- On sait maintenant qu'un enduit de ciment empêche les murs de respirer, qu'il enferme l'humidité à l'intérieur et qu'il ne supporte aucune déformation du mur sans se fissurer.

- Les enduits “monocouche” vendus tout prêts en sacs, couramment utilisés pour les pavillons neufs ne conviennent pas non plus; ils présentent le type d'inconvénient, et leurs teintes sont trop uniformes.

- Il est préférable sur de vieux murs d'utiliser la chaux grasse, matériau économique et facile à utiliser. L'enduit traditionnel à base de chaux et de sable fait prise lentement, reste souple longtemps ce qui évite le fissures et laisse “respirer” le mur. On peut y ajouter un peu de chaux hydraulique (environ 5%) pour une prise au départ. La chaux grasse, ou chaux aérienne, ne fait prise qu'au contact de l'air (par opposition à la chaux hydraulique qui est blanche également mais possède la rigidité et l'imperméabilité du ciment).

- On la trouve maintenant toute préparée en sac sous le nom de CAEB (chaux aérienne éteinte pour le bâtiment). On peut aussi l'obtenir par extinction de chaux vive, mais cette opération qui peut être dangereuse, nécessite un “coup de main”. Elle doit être effectuée par un artisan compétant et au moins quinze jours avant le début des travaux.

- C'est le sable qui donnera sa couleur au mortier. Pour le choisir, on observera les maisons du village afin d'obtenir une teinte assortie. Le rejointoiement se fera avec le même mortier. L'aspect final du mur pourra être à “tête de moellons vus” ou un enduit taloché fin. L'enduit doit suivre la surface du mur et le maçon ne doit pas tenter de rendre le mur parfaitement plan.

- Les baguettes d'angle couramment utilisées en construction neuve son à proscrire et la surface de l'enduit doit toujours venir se raccorder “en mourant” sans décalage de niveau sur les chaînages d'angle et les encadrements des ouvertures.

- Les badigeons.

- Les badigeons de chaux étaient fort utilisés autrefois. En complément d'un enduit à la chaux grasse, sur une façade en pierre de taille abîmé ou en matériaux composites, le badigeon de chaux est un moyen économique et traditionnel de redonner une unité à la façade.

fiche_-_enduits_a_la_chaux.pdf

Badigeon à la chaux aérienne éteinte pour le bâtiment.

Généralités.

- Les badigeons traités dans cette notice se présentent sous l'aspect “lait de chaux”. Procédé économique et hygiénique, il était autrefois utilisé pour peindre les murs intérieurs et extérieurs.

- Les badigeons permettent d'obtenir des couleurs “aquareliées”, transparentes, en superposant 2 à 3 couches de teinte différentes, sur un fond clair et uniforme. Ils sèchent vite et doivent être appliqués dur l'enduit humide ou humidifié. Ils peuvent avoir un effet curatif de rebouchage sur des enduits micro-fissurés, ou faïencés et rattraper des défauts d'aspect (gâchage, plan d'échafaudage, mauvaise dispersion des colorants).

- Il est possible, pour fixer les badigeons, d'y incorporer des adjuvants. Dans ce cas, il conviendra de se reporter à la notice technique du fabricant.

- Il faut savoir que les fixatifs rendent les couleurs plus vives. Il est donc conseillé de pratiquer un essai avec le fixatif.

- Éviter d'appliquer lorsque la température du support est inférieur à 50°C et sur des supports traités avec des produits de cure.

Désinfection des murs de cave par badigeonnage.

- Le lait de chaux tue les bactéries et les larves et redonne un aspect plus agréable au local.

Traitement des sols humides à la chaux aérienne vive (ou chaux grasse).

- Dans l'habitat ancien, certaines caves ont des sols en terre battue, il arrive qu'ils soient en mauvais état et humides.

- Le traitement de ces sols à la chaux a pur effet de floculer les argiles, de faciliter le pouvoir pouzzolanique de celle-ci pour obtenir un sol plus compact et moins sensible à l'eau.

  • Bêcher le sol sur 15 à 20cm d'épaisseur.
  • Épandre la chaux à raison de 20 kg/m².
  • Malaxer le sol et la chaux, arroser si nécessaire.
  • compacter le sol à l'aide d'un compacteur de chantier ou d'une dame.
  

- Dosages : suivant DTU 26-1 chapitre 11-4.

Préparation du support.

- Les badigeons s'appliquent sur des ronds solides, propres et non farineux. Ils ne peuvent trouver leur adhérence sur des enduits contenant des imperméabilisants et sur les peintures aux résines de synthèse. Les badigeons sont exécutés deux à quatre heures après la couche finition. Ils sont dans ce cas appelés “à la fresque”. Passé ce délai, ils ne pourront être appliqués complète siccité (qualité de ce qui est sec) du support (pour que le liant ait bien carbonaté). Dans ce cas, les badigeons sont “à sec”. L'humidification du support avant chaque couche est nécessaire en période sèche, très ensoleillée ou ventée, sur fond très absorbant.

- Préparation d'un badigeon : Afin d'éviter les reprises, préparer en une seule fois les quantités nécessaires à une seule couche. Un agitateur électrique facilite le brassage, évite la formation d'agglomérats lors du mélange chaux et eau, il assure la dispersion homogène des colorants et permet d'éviter le dépôt de la chaux. Le mélange se garde sans difficulté d'un jour à l'autre s'il ne contient pas d'adjuvants, la chaux aérienne ne durcissant pas au contact de l'eau.

- Mise en place du badigeon : Utiliser une brosse souple (pas de nylon) ou un pinceau épais, appliquer de haut en bas.

Dosage du mélange.

- Suivant DTU 26-1 annexe 3.

- Remarque :

  • selon la transparence souhaitée, le dosage en eau pourra varier.
  • Le poids des charges colorantes ne pourra jamais excéder 10% du poids de liant sec pour les oxydes et 25% pour les terres.
  • La teinte s'éclaircit en séchant, les terres d'ombre s'estompent dans le temps, par contre les oxydes minéraux ou métalliques se renforcent par oxydation secondaire.
  • Il est nécessaire de ré-humidifier légèrement la première couche avant d'appliquer la seconde.
  • Il est judicieux de rajouter un agent mouillant pour la deuxième couche lorsqu'elle est teintée, de manière à rendre l'ensemble plus homogène et faciliter la diffusion des colorants.
  • Il n'y a pas de délai d'ouvrabilité avec la chaux aérienne.

- (Extrait de la documentation de Baltazard & Cotte).

Le chaulage des arbres

Le chaulage des arbres

Le chaulage des arbres

- Très usité par nos anciens, le chaulage des arbres se perd peu à peu. Il constitue pourtant une alternative intéressante aux produits chimiques phytosanitaires si nuisibles pour notre environnement et notre santé. Tentons de mieux connaître cette technique…

- Qu'est ce que le chaulage ?

- Le chaulage est un traitement préventif effectué en fin d'hiver qui consiste à badigeonner le tronc des arbres avec du “lait de chaux”.

- Ce lait de chaux, que l'on trouve dans le commerce sous l’appellation de “blanc arboricole” ou chaux vive agricole“ est une préparation naturelle issue de la décomposition thermique du calcaire. On la trouve sous forme de poudre que l'on mélangera à de l'eau ou en seaux plastiques déjà prêts à l'emploi.

- Utilité du chaulage

- Le chaulage des arbres permet de détruire les champignons et les larves des parasites nichant sous l'écorce des arbres. Invisibles en hiver, tout ce petit monde attend les beaux jours pour se développer. De microscopiques champignons provoquent de redoutables maladies cryptogamiques comme la cloque (très présente sur les pêchers), la moniliose (pommiers, poiriers) ou encore la tavelure. Mieux vaut donc prévenir que guérir ! Préparation et mise en œuvre du badigeon

- Avant toute chose, il faut nettoyer la surface avant le badigeon. Pour cela, brossez le tronc de l’arbre afin de le débarrasser des éventuelles mousses le colonisant. Détachez les écorces endommagées et supprimez les fruits restants car les maladies cryptogamiques peuvent aussi s'y nicher. Combler les cicatrices profondes avec du mastic cicatrisant et laisser sécher. Opérez par temps sec et sans vent

- La chaux est un produit très corrosif : habillez-vous en conséquence et portez des gants et des lunettes de protection. Si le produit est en poudre, suivez scrupuleusement le mode d'emploi pour le dosage et versez la quantité de poudre préconisée dans un seau métallique rempli de la quantité d'eau nécessaire. Gardez à portée de main un couvercle car la réaction ne se fera pas attendre : gros bouillonnement en perspective ! Laissez reposer quelques heures puis rajoutez un peu d'eau jusqu'à ce que le mélange soit parfaitement homogène et facile à appliquer. Des troncs blancs

- Consultez la météo et choisissez un jour sec, non venteux et si possible suivi de quelques jours sans pluie pour permettre au produit de se fixer correctement au tronc sans être immédiatement lessivé.

- La préparation se passe au pinceau large ou à la brosse en partant du bas vers la haut, de la base du tronc jusqu'au départ des premières branches. Le tronc doit être complètement blanc. Une couche suffit généralement, mais si l'écorce est très irrégulière une seconde couche sera alors nécessaire ; n'attendez pas que la première ait séché pour en appliquer une seconde !

- L'opération devra être renouvelée chaque année, ou au pire, tous les deux ans.

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