Outils pour utilisateurs

Outils du site


pcc

Ceci est une ancienne révision du document !


Présentation du chantier de charpente

     - Quand un chantier de charpente est projeté, il faut appréhender l'ouvrage à réaliser de façon réfléchie pour que tout les postes qui vont se succéder à l'élaboration, soient identifiés et considérés ensembles afin de parfaire un travail finalisé dans les règles .

     - Avant de passer aux chapitres sur la constructions pratiques de charpentes, nous allons détailler globalement les principales étapes d'un chantier complet pour nous familiariser avec la logistique du métier de charpentier.

     - Le mot “chantier” de charpente considère toute la progression des étapes d'un ouvrage depuis la demande du client jusqu'à la mise en place finale de celui ci.

     - Les charpentiers jadis travaillaient exclusivement directement sur “le chantier” et n'avaient pas d'atelier, “les coteries” installaient alors “leurs loges” sur place pour toute la durée d'un ouvrage de charpente !

Organigramme de construction d'une charpente

     - Les postes à prendre en comptes sont multiples, nous allons les expliquer dans l'intégralité sachant que chaque ouvrage de charpente est généralement singulier dans ce que l'on nomme dans le métier “chantier facile ou difficile” ou parfois “bois gentils ou bois méchants” (fig 1-2).

     - Une charpente quelle qu'elle soit, va se placer au final sur un bâtit ou servir de bâtit elle même, pour ces raisons il est évident d'aller in situ pour définir le projet et prendre les mesures.

     - Si un plan est donné par l'architecte ou le particulier, il sera de toutes façons incontournable de se rendre sur le chantier pour du travail traditionnel, afin d'avoir les principales informations nécessaires au moins pour la “taille”, et pouvoir visualiser virtuellement dans l'espace l'ouvrage de charpente à construire .

1/ L'environnent du chantier

     - Dès l'arrivée sur place, un charpentier professionnel visualise de façon globale la géographie complète de son futur chantier tout en s'assurant que les permis de construire soient acceptés et s'il n y a un cahier des charges qui peut impacter l'ouvrage charpente (urbanismes spécifiques, zone historique, contraintes régionales, etc ..) .

     - L'accessibilité :

     - L'accès au chantier est une donnée très importante, car elle permet d'évaluer des plus-values en temps et du devis (Distance, déchargement, stationnement, manutention, levage, protection du site et/ou des passants, chantier public ou privé, signalisation, etc …), .

     - On imagine bien par exemple la différence entre un accès pour une grue ou devoir monter tout les bois “à l'os” ou encore faire des demandes administratives pour poser de l'échafaudage sur voie publique.

     - Bref le champs est large, donc les questionnements doivent être précis .

     - Le chantier proprement dit : Il faut évaluer ici les difficultés liées au bâtit en lui même et du matériel à mettre en œuvre (hauteur de l'édifice, protections des étages inférieurs (bâchage), nature des parois (fragilité ou/et précaution à la finition de celle ci (ex crépi neuf), nature des sols, sécurité face au vide et/ou des habitants, accès par escalier, fenêtre ou portes, possibilités de tailler sur place, etc … ) (fig 3-4).

     - Les corps d'états présents sur le chantier : Ce sont principalement les maçons, qu'il faut essayer de contacter au plus tôt, voir même faire une réunion de chantier en commun.

     - Dans beaucoup de cas de charpente, le maçon demandera le plan de pannes pour ses arases et pignons, ou un plan d'implantation de dés de fondations pour des poteaux ou fermes, ce qui lui gagnera du temps.

     - Les maçons ont souvent une grue ou un manuscopique sur le chantier, donc en contrepartie des plans d'implantation des bois il apparaît pratique de travailler en collaboration avec eux pour le levage futurs grâce à leur grue (gros gain de temps) .

     - Il est utile aussi de s'entendre avec le couvreur qui lui aussi peut parfois collaborer “en échange de bons procédés” !

Fig 1 "Chantier facile" ou "bois gentils" fig 2 "chantier difficile" ou "bois méchants" fig 3 Exemple de mise en sécurité face au vide fig 4 signalisation


2/ La prise de cotes :

     - Nous aurons un chapitre entier sur le sujet, en attendant c'est un moment très important dans l'édification d'une charpente !

     - En effet, c'est ici que les informations pratiques devront être très précises en terme de cotations, d angles, de niveaux, de considérations d'aménagements, de réservations, définitions de finitions ou styles particuliers (copie d'ancien, moulures, sculptures), essence, etc…

     - La transcription sur le plan de l'architecte, ou sur un bloc quadrillé devra contenir toutes les données cotées et vérifiées pour l'étude. (Une erreur de prise de cote est généralement fatale dans une charpente) .

     - De nos jours les professionnels ont du matériel performant pour prendre les mesures précises et sans avoir à faire le “singe” pour cramponner le décamètre seul d'un point à l'autre du bâtiment à couvrir .

Prise de cotes sur charpente courbe mesures au télémètre laser Le traditionnel décamètres (50m)


3/ L'étude :

     - L'étude est l'étape qui permet grâce à la prise de cotes, de tout visualiser précisément et définitivement par dessins et calculs pour un ouvrage avant de passer à la construction pratique.

     - Pour des ouvrages complexes, c'est ici que l on doit maîtriser “l'art du trait de charpente”, car il faut parfois développer des arêtiers, noues, et/ou courbes, pour avoir des longueurs de bois et des tracés non connus en simple élévation sur le dessin .

     - L'étude permet donc de faire un dessin précis à l'échelle (1/10, 1/20, 1/50) correspondant aux futures épures des diverses parties stratégiques d'une charpente, afin de définir le débit de bois, les portées, les sections de bois, les emplacements exacts des différentes pièces .

     - Le dessin préparatoire peut ce faire sur feuilles quadrillées à petits carreaux, c'est un procédé pratique car le quadrillage et millimétré en 5 x 5 mm ce qui permet une approche facilité des tracés (fig 1).

     - On peut aussi faire le dessin étude “à la planche” traditionnellement (fig 2)!

     - De nos jours, l'informatique permet de faire du plan 2D ou 3D facilement et très précisément et de dupliquer les documents aisément (fig 3-4).

     - Enfin sur un panneau de bois ou sur feuilles pliables, on fait une épure cotée au 1/10 ou 1/20 du plan de pannes à fournir au maçon pour ces finitions d'arases et de pignons (fig 5).

fig 1 Dessin préparatoire sur feuille a petits car... fig 2 Dessin préparatoire "à la planche" fig 3 Dessin préparatoire avec logiciel informati... fig 4 Etude préparatoire en 3D avec logiciel info... fig 5 Travail du maçon depuis une épure du charpe...


4/ La commande des bois :

     - S'approvisionner en bois de charpente est parfois délicat dès que l on passe à des projets imposants, suivant l'essence, du bois composites hors cotes standards, du bois de réemplois, du séchage ou des finitions ou styles désirés .      - En effet, les approvisionnements doivent être pris en compte et placé judicieusement sur le timing d un chantier pour ne pas avoir de retards néfastes sur le bon déroulé des opérations .      - Dans un projet privé, il est généralement assez aisé de préparer son chantier, et de prendre le temps pour s'approvisionner.      - Si le client fournis le bois, il faut s'assurer que les sections ou l'essence soient compatibles avec le projet, et considérer aussi la préparation des bois de réemplois (arrachage de clous, nettoyage, etc ..)      - Voir le chapitre précédent : Les bois de charpente

5/ Le tracé d'épures :

     - C'est ici l'étape majeure de la construction d'une charpente autre que de la simple pannes sur pignons.

     - Elle servira au traçage précis des fermes et d'autres éléments par piquage des bois depuis le tracé d'épure réalise au sol à l'échelle 1.

     - Il faut avoir un endroit dévolus à cela (sol de niveau, dalle de béton, plancher)(-fig 1-2), ou le créer en façonnant un plancher provisoire nivelé assez grand pour accueillir l'épure et assez solide pour supporter la charge des bois (fig 3).

     - Toutefois une terrasse, une surface de béton ou une surface enrobé assez planes sont compatibles comme zones de tracés d'épures et de taillage d'un ouvrage de charpente, un faux niveau minime +/- 10 cm n'impactera pas les bois calés de niveau pour le piquage, par contre il faudra bâcher les tracés en plain air .(fig 4)

     - Le dessin d'étude précédemment expliqué, permet aussi de déterminer la superficie utile à la zone d'épure et de taille nécessaire à un projet .

fig 1 Épure sur béton en atelier fig 2 Épure sur plancher d'atelier permanent fig 3 Épure sur plancher provisoire fig 4 Zone compatible pour tracé d épure de charpe... fig 4 bis Zone compatible pour tracé d'épure de c...


6/ La "taille" de la charpente :

     - L'usinage des bois de charpente se nomme la “taille” chez les professionnels, du verbe tailler que l'on à conservé depuis des temps reculés .

     - A l'heure actuelle, hormis les fabrications industrielles, une charpente se taille en atelier ou in situ au bas du chantier .

     - L'outillage spécifique des charpentiers fait que l'on peut tailler n'importe ou pourvus que l'on ait accès à de l’Électricité et un espace pour tracer une épure !

     - Les bois étant généralement assez imposants, on rabote (blanchissage) les bois et on taille les assemblages à l'aide de machines électro-portatives traditionnelles et/ou spécifiques de charpente, ainsi que de l'outillage traditionnel à main .

     - Pour de la finition “fine” (ponçage) on utilise la ponceuse à bande pour du surfaçage droit ou courbe et excentrique dans des parties creuses .

     - Ci dessous quelques exemples de machines électro-portatives spécifiques que nous détaillerons précisément dans un prochain chapitre concentré sur l'outillage et façonnages des assemblages de charpente .

Rabot électrique de charpente (largeur de coupe 17... Mortaiseuse à chaîne de charpente Bloc à moiser de charpente Scie circulaire de charpente pour coupes en gross... Scie à chaîne de charpente outillages à main de charpente


7/ La pose de la charpente :

     - C'est le moment final, c'est ici que l'on découvre le résulta du projet réalisé à son emplacement définitif, et surtout si toutes les étapes ont étés parfaitement exécutées !

     - Le levage de la structure principale est généralement le point le plus sensible en termes de difficultés .

     - En effet les bois sont longs, lourds, et parfois à manutentionner avec précautions quand on est dans un environnement particulier ou que l'ouvrage lui même serait apparent .

     - La pose traditionnelle se fait toujours couramment à la main (cordes, échelles, échafaudages) dans des ouvrages de faibles cubages “bois gentils”, ou alors avec des engins performants qui peuvent éventuellement être loués pour des ouvrages imposants, haut ou “difficiles ou bois méchants” .

     - Puis enfin viens le chevronnage et autres éléments secondaires et de finition (lucarne, fenêtre de toiture, frisette, bandeaux, etc …), qui termineront le “chantier de charpente” !

Pose traditionnelle Pose traditionnelle "à l'os" (à la main et cordes)... Levage à la chèvre traditionnelle Levage au manuscopique Transport et levage au camion grue


     - En résumé, voila à peu près à quoi on doit être attentif au cours d'un chantier de charpente, il est important de visualiser tout cela avant d’aller plus avant dans le détail pour encore une fois bien identifier chaque étapes au cours des prochains articles pratiques .

     - On réalise bien ici que la charpente est un vrais métier, ou aucune improvisation n'est permise, et qu'un charpentier digne de ce nom est un Homme de l’art qui maîtrisera parfaitement son art qu'après au moins 10 ans de travail assidu !!.

Notions de base de charpente pour L'Air du Bois

Michaud Jacky 2019/03/18 09:36

pcc.1552909402.txt.gz · Dernière modification : de root