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La terre battue

- La terre battue est un type de sol préparé avant la construction d'un bâtiment.

- La réalisation des sols des maisons ou bâtiments publics se fait de trois manières principales selon le taux d'argile dans la terre crue.

  S'il y a un taux moyen[évasif] d'argile la terre est humidifiée jusqu'à devenir une boue épaisse qui est étalée. Le séchage doit se faire lentement.
  S'il y a un fort taux d'argile, la terre est utilisée telle que retirée du sol – 7 à 10 % d'humidité – et compactée par foulement aux pieds, au pisoir ou au fouloir pneumatique.
  S'il y a un faible taux d'argile on rajoute de la paille ou du foin et de fiente ou de la bouse (torchis).

- La batte était anciennement, un maillet plat et ferré ou non, emmanché obliquement, dont on se servait pour battre le ciment, les aires de granges, etc. (dans Morisot J.M., Tableaux détaillés des prix de tous les ouvrages du bâtiment, Carilian, 1814. Lire en ligne [archive])

Réaliser une dalle en béton de chaux

- La restauration d'une maison passe très souvent par la réfection des sols. La dalle en béton de chaux, assise indispensable à un revêtement stable, est la seule dalle vraiment adaptée au bâti ancien. Elle présente l'avantage d'être en totale cohérence d'architecture et de construction de la maison dont les murs respirent, qu'ils soient en pierre ou en terre. Elle est suivie, logiquement, par une chape en chaux (agrémentée parfois dun chauffage au sol) et un revêtement en terre cuite ou bois. (voir le pas à pas à ce sujet).

- On a longtemps renoncé à ce type de dalle pour favoriser le béton de ciment. Le doute s'est immiscé dans les esprits concernant la résistance de la chaux fort décriée lors de l'arrivée du béton armé au début du XX° siècle.

- De nos jours encore, la résistance mécanique de telles dalle en chaux pose question, pourtant, les 35 à 50 kg au cm² supportés par une dalle en NHL 3,5 ou 5 suffisent amplement à l'usage que nous en faisons dans nos maisons individuelles.

- Par ailleurs, le ciment, non respirant, fait migrer l'humidité du sol vers les murs qui l'absorbent. Force est de constater que les effets de la réalisation de dalles et enduits en ciment dans les maisons en pierre et terre ont malheureusement souvent provoqué leur dégradation précoce et contribué à en faire des lieux humides. Les principes

- Il n'est pas rare que les sols de la maison soient encore recouverts de terre cuite sur lit de sable. Il faut les enlever et les mettre de côté. Dans ce cas, la plupart du temps, on découvre sous ce lit, de la terre battue, très dure et parfaitement stabilisée.

- Il est beaucoup plus fréquent qu'ils aient été recouverts d'une dalle en ciment dans la moitié du XX°siècle, lors de rénovations, les maçons étant alors convaincus que le ciment est plus durable, plus solide et plus fiable que la chaux. Sauf à ce que la maison ne souffre d'aucune humidité, il faut impérativement la supprimer à l'aide d'un marteau piqueur jusqu'à retrouver le support initial.

- On envisage alors la composition de la dalle d'un minimum de 8 cm d'épaisseur. L'humidité du support définit la composition de la future dalle :

  En cas de terre battue très stable et pas humide du tout, on peut envisager de se passer de dalle et mettre en oeuvre directement une chape à la chaux de 3 cm minimum, carrelée de terre cuite.
  Quand l'humidité est faible, il est possible d'envisager une dalle se contentant d'un simple mélange chaux/sable.
  Quand l'humidité est moyenne : la dalle posée en direct sur la terre battue peut  s'agrémenter par l'utilisation de matériaux très hydrophiles dans les agrégats mais respirants, tels les billes d'argile ou la pouzzolane, qui renforcent la gestion de l'eau assurée par la chaux.
  Quand l'humidité est assez élevée, la réalisation d'un hérisson après décaissement  de 20 à 30 cm de profondeur est tout à fait appropriée. Il peut éventuellement comporter un drainage.

- A noter : il est déconseillé d'utiliser les fibres telles le chanvre, la paille ou la paillette de lin en rez de chaussée sur terre battue en milieu humide. La possibilité de pourrissement existe ! Réservez ces produits pour les dalles allégées à l'étage ou pour les enduits isolants ou épais. Formulations :

- La règle la plus générale est de n'employer pour les sols en rez de chaussée et, notamment en cas de forte humidité, que la chaux hydraulique naturelle (voir la fiche chaux aérienne ou hydraulique ).

- La formulation proposée ici correspond à l'expérience cumulée de plusieurs dalles et se base sur un dosage de 350 kg de chaux au m3. Elle peut être modifiée en amenuisant la proportion de chaux pour faire un dosage plus maigre ou/et en modifiant la nature des agrégats. La résistance sera alors, elle aussi, modifiée.

  Aucune armature nécessaire à priori mais on peut  envisager une armature en bambous si vraiment nécessaire. En tous cas, pas de ferraillage que la chaux pourrait attaquer.
  Pas de joint de dilatation non plus qui bloquerait au contraire les mouvements naturels et salutaires de la dalle.
  Selon la résistance mécanique désirée et le temps de séchage admissible par la poursuite des travaux, on opte pour la NHL 5 à prise rapide et  forte résistance, pour la NHL 3,5 dans les autres cas.

- Formulation proposée exprimée en volume :

 5 vol de sable à béton pour 2,5 vol de chaux
 Formulation agrémentée d'isolant : Le principe proposé est d'observer la règle des 3/3 soit : 1/3 de sable à béton, 1/3 du matériau isolant, 1/3 de chaux
 2,5 vol de sable ; 2,5 vol du matériau, 2,5 vol de chaux

- Approvisionnements :

- Toujours un peu complexe parce que les mesures indiquées ( litres, volumes, kg…. ) ne sont pas les mêmes pour les différents matériaux, ce calcul mérite simplification:

- Le mètre cubage de la dalle à réaliser est celui des agrégats à se procurer :

 Pour 1 m3 de dalle on dira donc qu'il faut 1m3 d'agrégats
 Nous dosons à 350 kg de chaux/m3.
 

- Ce qui fait en tonnes :

 1 m3 de sable à béton : 1,6 tonne
 0,5 m3 de chaux : 0,350 tonne (10 à 11 sacs )  
 Evidemment, si l'on introduit des billes d'argile ou de la pouzzolane, il faut également tenir compte de leur présence: le matériau remplace alors le sable.  Exemple :
 1 m3 de billes d'argile : 480 kg (nombre de sacs en fonction des marques qui conditionnent sous 40 ou 50 Litres et donc sous divers poids)
 Il faudra donc, si on applique la formulation proposée : 800 kg de sable (1/2 m3), 240 kg de billes (1/2 m3) et 360 kg (1/2 m3) de chaux.

- Remarque :

- Même si l'on modifie la formulation proposée, le principe de quantité d'agrégats à se procurer équivalente au volume de la dalle à réaliser doit être, de toute façon, respecté.

- A noter

- Selon les régions il est plus ou moins difficile de se procurer des billes d'argile dont le prix peut varier du simple au double. Marques fréquentes : Leca, Maxit, Optiroc.

- La pouzzolane est assez facile à trouver à un prix très raisonnable dans la région Centre de laquelle elle provient.

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